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Seudi, 18 Août 2005 - Sant'Elena, imperatrice
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Deuxième Règle des Frères Mineurs
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Deuxième Règle des Frères
Mineurs
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I.
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Prologue |
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a règle de vie des Frères Mineurs est la
suivante: observer le saint
Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l'obéissance, sans avoir rien en
propre et dans la chasteté.
Le frère François promet obéissance et respect au seigneur Pape
Honorius et à ses successeurs canoniquement
élus, et à l'Eglise romaine.
Les autres frères sont tenus
d'obéir au frère François et à ses successeurs.
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II.
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Ceux qui veulent mener cette vie:
Leur admission. |
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eux qui viendront trouver nos frères avec la volonté de partager
leur vie, on les enverra aux ministres provinciaux, qui, seuls et
exclusivement, auront le
pouvoir d'admettre des frères.
Que les ministres les examinent soigneusement sur la foi catholique et
sur les sacrements de l'Eglise.
Si la foi des postulants est ferme sur ces
points; s'ils sont décidés
à confesser cette foi et à la pratiquer avec courage jusqu'à la mort;
s'ils ne sont pas mariés; ou si leur femme est déjà entrée dans un
monastère, ou si du moins elle leur a permis, avec l'autorisation de l'évêque
diocésain, d'entrer en religion, après avoir fait elle-même voeu de
chasteté, et son
âge la mettant à l'abri de tout soupçon;
alors, que les ministres disent aux candidats la parole du saint
Evangile: Qu'ils aillent vendre tout ce qu'ils possèdent et en distribuent aux pauvres le
produit.
S'ils ne peuvent le faire, la bonne volonté
suffira.
Les frères et leurs ministres se garderont bien de se mêler de leurs
affaires temporelles: ils les laisseront librement disposer de leurs biens comme le
Seigneur le leur inspirera.
Cependant, s'ils demandent
conseil, les ministres pourront les envoyer
à quelques personnes craignant Dieu qui les aideront de leurs avis à distribuer leurs
biens aux pauvres.
> Ensuite on leur accordera
l'habit de novice: deux tuniques sans capuce, une corde, des braies et un chaperon descendant
jusqu'à la ceinture;
à moins que parfois les ministres n'en jugent autrement selon
Dieu.
Après une année de
noviciat, ils seront reçus à l'obéissance,
promettant d'observer toujours cette vie et cette règle.
Il ne leur sera plus permis dès
lors, en aucune façon de quitter
notre Ordre, ainsi que l'a prescrit le seigneur Pape:
car, selon le saint Evangile, celui qui met la main à la charrue et
regarde en arrière n'est pas apte au royaume de Dieu.
Ceux qui ont déjà promis obéissance auront une tunique avec
capuce,
et une autre sans capuce s'ils le veulent.
En cas de nécessité, on pourra porter des
chaussures.
Tous les frères porteront des habits
grossiers; ils pourront les
doubler de grosse toile ou d'autres morceaux de tissu, avec la bénédiction de
Dieu.
Mais je les avertis et je les prie de ne pas mépriser et ne ne pas
juger les hommes qu'ils voient se vêtir avec une somptuosité excessive dans les couleurs
ou la qualité du tissu, ou témoigner d'une recherche exagérée dans le boire et le
manger: que chacun, plutôt, se juge et se méprise lui-même!
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III.
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L'office
divin et le jeûne:
Manière de voyager par le monde. |
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es clercs célébreront l'office divin conformément à
l'usage de la
sainte Eglise de Rome, à l'exception du psautier.
Ils pourront donc avoir des
bréviaires.
Les laïcs diront vingt-quatre Pater pour
Matines, cinq pour Laudes;
pour Prime, Tierce, Sexte et None, sept chaque fois; douze pour Vêpres; sept pour
Complies.
Et ils prieront pour les
défunts.
Ils jeûneront de la Toussaint à
Noël.
Pour le saint carême qui, commençant à
l'Epiphanie, dure quarante
jours consécutifs, et que notre Seigneur a consacré par son saint jeûne, que ceux qui
veulent bien l'observer soient bénis du Seigneur, et que ceux qui ne veulent pas n'y
soient pas astreints.
Tous, au contraire, devront jeûner pendant
l'autre carême qui dure jusqu'à la Résurrection du Seigneur.
Le reste de l'année, les frères ne seront tenus au jeûne que le
vendredi.
En cas de nécessité évidente, les frères ne seront pas tenus au
jeûne corporel.
Lorsque mes frères vont par le monde, je leur
conseille, je les
avertis et je leur recommande en notre Seigneur Jésus-Christ d'éviter les chicanes et
les contestations, de ne point juger les autres.
Mais qu'ils soient aimables,
apaisants, effacés, doux et humbles,
déférents et courtois envers tous dans leurs conversations.
Ils ne doivent pas aller à
cheval, à moins d'y être contraints par
une nécessité évidente ou une infirmité.
En quelque maison qu'ils
entrent, qu'ils disent d'abord: Paix à cette
maison!
Et, conformément au saint
Evangile, qu'il leur soit permis de manger
de tout ce qu'on leur présente.
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IV.
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Défense aux frères de recevoir de
l'argent. |
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e défends formellement à tous les frères de recevoir en aucune
manière des pièces d'or ou de la menue monnaie, soit directement, soit par personne
interposée.
En ce qui concerne cependant le soin des malades et le vêtement des
frères, que les ministres et les custodes, mais eux seuls, y pourvoient avec beaucoup de
prévenance, par l'intermédiaire d'amis spirituels; l'appréciation des
besoins, compte
tenu des lieux, des saisons et des pays froids, est laissée à leur
jugement.
Reste toujours exceptée,
cependant, comme il a été dit, l'acceptation de pièces ou de monnaie.
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V.
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La manière de
travailler. |
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es frères auxquels le Seigneur a fait la grâce de travailler
travailleront avec fidélité et dévotion,
de telle sorte que, une fois écartée
l'oisiveté ennemie de l'âme,
ils n'éteignent point en eux l'esprit de prière et de dévotion dont toutes les valeurs
temporelles ne doivent être que les servantes.
En compensation de leur
travail, ils pourront recevoir ce qui est
nécessaire à la vie du corps, pour eux et pour leurs frères, à l'exclusion de la
monnaie et de l'argent,
et cela humblement, comme il convient à des serviteurs de Dieu et à
des disciples de la très sainte pauvreté.
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VI.
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Refus de toute
propriété:
La quête:
Les frères malades. |
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es frères ne doivent rien posséder: ni maison, ni
terrain, ni quoi
que ce soit.
Comme des pèlerins et des étrangers en ce monde, servant le Seigneur
dans la pauvreté et l'humilité, ils iront quêter leur nourriture avec
confiance,
sans rougir, car le Seigneur, pour
nous, s'est fait pauvre en ce monde.
Telle est la grandeur de la très haute pauvreté qui vous a
établis,
vous mes frères très chers, héritiers et rois du royaume des cieux, vous a faits
pauvres en biens terrestres mais richement dotés en vertus.
Qu'elle soit votre partage, elle qui conduit dans la terre des
vivants.
Attachez-vous à elle
totalement, frères bien-aimés, et pour le nom
de notre Seigneur Jésus-Christ refusez à jamais de posséder rien d'autre sous le
ciel.
Les frères, où qu'ils
soient, où qu'ils se rencontrent, se
montreront les uns aux autres qu'ils sont de la même famille.
En toute confiance, qu'ils se fassent connaître l'un à
l'autre leurs besoins: car si une mère nourrit et chérit son fils selon la
chair, avec combien plus d'affection chacun ne doit-il pas aimer et nourrir son frère selon l'esprit!
Si l'un des frères tombe
malade, les autres frères doivent le servir
comme ils voudraient eux-mêmes être servis.
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VII.
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La pénitence à imposer aux frères qui ont
péché. |
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i des frères, à l'instigation de l'ennemi, commettent un péché
mortel pour l'absolution duquel les frères auront réglé entre eux qu'on aura recours
aux seuls ministres provinciaux, les coupables seront tenus de recourir à
eux, le plus
tôt possible, sans retard.
Si les ministres sont
prêtres, ils leur imposeront une pénitence,
avec miséricorde; s'ils ne sont pas prêtres, ils la leur feront imposer par des frères
de l'Ordre, qui sont prêtres, de la manière qui, devant Dieu, leur paraîtra le plus à
propos.
Ils prendront bien garde de ne pas se fâcher ni se troubler à cause
du péché d'autrui; car la colère et le trouble sont un obstacle à la charité en
soi-même et chez les autres.
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VIII.
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L'élection du ministre
général:
Le chapitre de la Pentecôte. |
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ous les frères sont tenus d'avoir toujours un des frères de leur
Ordre comme ministre général et serviteur de toute la fraternité; ils sont tenus
strictement de lui obéir.
A son décès, que l'élection de son successeur soit faite par les
ministres provinciaux et les custodes au chapitre de la Pentecôte; à ce chapitre les
ministres provinciaux sont toujours tenus de s'assembler, au lieu qu'aura fixé le
ministre général;
et cela une fois touts les trois
ans, ou plus ou moins souvent, selon
ce que réglera le ministre général.
Si un jour l'ensemble des ministres provinciaux et custodes jugeait que
le ministre général n'est plus apte au service et au bien commun de tous, tous les
frères qui ont la charge d'électeurs seraient tenus au nom du Seigneur d'en élire un
autre pour ministre.
Après le chapitre de la
Pentecôte, la même année, les ministres et
custodes pourront, chacun dans son territoire, s'ils le veulent et le jugent utile,
convoquer une fois leurs frères en chapitre.
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IX.
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Les
prédicateurs. |
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Les frères ne prêcheront pas sur le territoire d'un évêque si ce
dernier s'y oppose.
Aucun frère n'aura jamais l'audace de prêcher au peuple sans avoir
été examiné et approuvé par le ministre général de la fraternité et sans avoir
reçu de lui l'office de prédicateur.
J'avertis et j'exhorte ces
frères: dans leur prédication, que leurs
paroles soient pesées et châtiées pour l'utilité et l'édification du
peuple;
ils annonceront les vices et les
vertus, la peine et la gloire, et cela
en de brefs discours, car le Seigneur a parlé brièvement sur la terre.
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X.
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L'admonition et la correction des
frères. |
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es frères qui sont ministres et serviteurs des autres frères
visiteront leurs frères, les avertiront, les corrigeront avec humilité et
charité, sans
leur prescrire jamais rien qui soit contre leur âme et contre notre règle.
Quant aux frères qui sont
sujets, ils se rappelleront que, pour Dieu,
ils ont renoncé à leur volonté propre.
Je leur prescris donc avec force
d'obéir à leurs ministres en tout ce qu'ils ont promis au Seigneur d'observer et qui n'est pas contraire à leur âme et à
notre règle.
Et, en quelque endroit que soient les
frères, s'il en est qui
constatent et reconnaissent ne pouvoir observer spirituellement la règle, ils devront et
ils pourront recourir à leurs ministres.
Les ministres alors les recevront avec amour et
bonté, ils leur
témoigneront tant de cordiale affection, qu'ils les laisseront parler et agir comme des
maîtres avec leurs serviteurs;
car il doit en être ainsi: les ministres sont les serviteurs de tous
les frères.
J'avertis les frères et je les exhorte dans le Seigneur
Jésus-Christ, qu'ils aient à se garder de tout orgueil, vaine gloire,
envie, avarice, soucis et tracas
de ce monde, médisance et mauvais esprit, et que ceux qui ignorent les lettres ne se
mettent point en peine de les apprendre.
Mais qu'ils considèrent qu'ils doivent par-dessus tout souhaiter
d'avoir l'Esprit du Seigneur et de le laisser agir en eux;
de le prier toujours d'un coeur pur; de posséder
l'humilité, la patience dans la
persécution ou dans la maladie;
d'aimer ceux qui nous
persécutent, nous reprennent et nous contredisent; car le Seigneur dit: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous
persécutent et vous calomnient.
Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la
justice, car le
royaume des cieux leur appartient.
Celui qui persévérera
jusqu'à la fin sera sauvé.
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XI.
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Défense aux frères
d'entrer
dans les monastères de femmes. |
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e défends formellement à tous les frères d'avoir avec les femmes
aucune fréquentation ni familiarité suspectes.
ils n'entreront pas dans les monastères de
moniales, sauf avec
permission spéciale du Siège apostolique.
Ils ne seront parrains ni d'hommes ni de
femmes, de peur qu'à cette
occasion ne naisse quelque scandale parmi les frères ou au sujet des
frères.
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XII
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Ceux qui vont chez les Sarrasins
et autres infidèles. |
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es frères qui, sous l'inspiration de Dieu, voudront aller chez les
Sarrasins et autres infidèles en demanderont la permission à leur ministre
provincial.
Les ministres, eux, ne le permettront
qu'à ceux qu'ils jugeront
capables de cette mission.
Enfin, au nom de l'obéissance,
j'enjoins aux ministres de demander au
seigneur Pape un des cardinaux de la sainte Eglise romaine comme gouverneur, protecteur et
correcteur de cette fraternité;
afin que, demeurant toujours soumis à cette même Eglise et
prosternés à ses pieds, stables dans la foi catholique, nous observions la
pauvreté, l'humilité et le saint Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ, comme nous
l'avons
fermement promis. |

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